dimanche 28 avril 2019

Quosque humor movere ?




Depuis toute petite, je me suis habituée à rentrer chez moi et découvrir ma mère chevauchant un fauteuil collé à une table basse, elle-même encastrée dans la télé (la table, pas ma mère). Régulièrement, ma maman changeait les meubles de place. Maintenant que son dos l’empêche de le faire, elle glisse gentiment à mon intention durant un téléphone, « Rhôoo… je mettrais bien le canapé ailleurs mais avec mon dos… » et, ni une, ni deux, je lui fixe un jour où je viendrai Black&Decker à la main, relooker son salon.

Je pense avoir hérité ça d’elle. Combien de fois n’ai-je demandé à l’homme de permuter la commode et lit, la bibliothèque et le balcon… et ceci dans les trois appartements que nous avons habités. Avec, il faut l’avouer, une montée en puissance en fin de grossesse de mini-pirate.

Bon, tout ça pour vous dire que samedi matin, hier donc, armée de mon plus beau sourire, j’ai chuchoté à l’oreille de mon mari d’une voix suave : « tu penses quoi si on mettait le lit à la place du bureau, ça allégerait non ? ». L’homme, sans surprise, fait semblant de dormir. 

Quelques minutes plus tard, en training et en chantant « Mississipi River » à tue-tête, j’ai passé devant son œil mi-clos avec la table de nuit dans les bras. De guerre lasse, il s’est levé et m’a demandé s’il pouvait me donner un coup de main. (Non, non… je pensais porter le bahut qui fait le poids d’un âne mort toute seule, afin de me trouver une bonne excuse pour ne pas reprendre lundi ?!?!).

Et chaque fois, j’y crois, et chaque fois ça se déroule pareil :

Etape 1 : J’y crois, je motive toute la famille en vantant les mérites du changement, de l’ouverture d’esprit, de la solidarité, des trésors qu’on va pouvoir (re)-trouver derrière chaque meuble…

Etape 2 : Personne n’y croit plus chez moi, donc l’étape 1 dure beaucoup plus longtemps que prévu. Donc une fois que j’ai payé mini-pirate en bonbons par kilo déplacé, et l’homme en promesse de nuits meilleures si le lit EST dans l’autre sens, ils daignent me jeter un regard non dénué d’une certaine empathie/pitié.

Etape 3 : C’est fou le bordel qu’on accumule. Pourquoi je trouve sous mon lit des tableaux, des papiers d’emballages, un mixeur, une paire de chaussette, un journal intime écrit sur une page, deux paires de chaussettes, un wagon de poussière, des BD, un avion maquette, trois paires de chaussettes, une lampe, un sac, quatre paires de chaussettes, un chat mort (je rigole, je voulais voir si vous suiviez toujours), un mobile, une aile de cerf-volant, un stylo, une cinquième paires de chaussettes, mon amant, un livre, une trousse à outils, le contrat d’écolage de ma fille, une sixième p…. je comprends soudain pourquoi je dors mal depuis si longtemps et pourquoi dans mes rêves, c’est le chaos total.  Dans mon dernier rêve je montrai ma lampe a Winnie l’Ourson qui me disait tout bas : « N’oublie pas de sourire quand tu passes devant le Cranosorus sinon tu seras étouffée par des paires de chaussettes géantes qui t’obligeront à construire un avion bleu en poussière »…bref.

Etape 4 : Deux heures plus tard, le dessous du lit est vide et moi aussi. Mais rien n’a bougé dans la chambre, donc je m’active en jurant de plus en plus fort. Pas de nouvelles de l’homme, il a dû migrer.

Etape 5 : Il est 16h, tous les meubles s’entassent les uns au-dessus des autres, le stress est à son comble, j’engueule tout le monde, même le voisin et je tente de redonner forme humaine à cette pièce en me demandant pourquoi je pense qu’à chaque coup de mou, j’imagine que c’est une bonne idée de tout déplacer alors que j’aurais pu aller faire du shopping, boire un verre avec une copine, jouer du piano etc. Donc je m’en veux, donc j’en veux à l’homme. (Les femmes mariées depuis 10 ans me comprendront, raccourci, certes mais raccourci telllllement vrai).

Etape 6 : Il est 20h, je sors gentiment la tête de la chambre, tout est en place. Le lit est magnifiquement bien placé entre la fenêtre, la prise, la commode et la panière. J’ai enlevé le sommier car ça ne passait pas et j’avais pas très envie de recommencer le Tetris dans l’autre sens. L’homme pense tellement fort que j’ai déjà en tête de lui faire bouffer la parure de lit. Mini pirate croit que c’est un trampoline. Moi je pleurerai bien un petit coup.

Etape 7 : Après avoir pleuré un bon coup, je remarque que mon stress de ce matin va beaucoup mieux. Il m’aurait donc fallut simplement geindre un peu pour me soulager au lieu de monopoliser la famille toute la journée pour un coup de mou.

Quand on se couche, on rit comme des gosses avec l’homme qui trouve que ça fait chambre d’étudiante, le matelas par terre, c’est pas faux. On s’aime comme des ados, on se réveillent comme des vieux cons, s’appuyant péniblement sur nos mains pour s’aider à se relever et déplier nos dos de quadras…(aahh, Sophie Marceau !).

Moralité : Si vous vous réveillez avec l’envie de tout déplacer chez vous, posez-vous la question si ce n’est pas simplement le 28ème jour du mois, un chagrin de passage ou un vilain nuage, avant de tout démonter. Ça vous évitera de perdre une journée entière. Par contre, le point positif c’est le tiroir à chaussettes plein.


 

lundi 5 juin 2017

Pour vous Mesdames




Vous Mesdames, installez-vous confortablement sur votre canapé. Fermez les yeux et respirez profondément.
Imaginez que vous rentrez chez vous, après une journée de travail, vous ouvrez la porte de la maison, et là : une magnifique odeur de fleurs vient effleurer vos narines. Vous avancez dans la cuisine et un risotto mijote tranquillement, le lave- vaisselle est vidé, la table est mise et le salon vous attend pour que vous puissiez poser vos fesses et vous relaxer avec un soda pendant que l’homme, transpirant, porte dans ses bras le petit dernier à la douche.
Vous remarquez du coin de l’œil que la lessive pend sur le sèche-linge et que deux jours plus tard elle sera pliée avec soin dans vos placards. La salle de bain est propre, les enfants jouent, le soleil est radieux et aucun objet non identifié ne traîne dans le salon. La pelouse est tondue, les pneus d’été installés, les paiements faits, la paperasse classée avec soin dans un porte-document. L’agenda familial est à jour, mais cela vous est égal, car à chaque moment de doute, vous appelez l’homme pour lui demander quand est l’anniversaire de votre père, le rendez-vous de pédiatre, la sortie de votre bureau… il sait tout, il mémorise tout, il est l’agenda virtuel de votre vie. Et il n’y a jamais aucun problème, à chaque moment où vos agendas se chevauchent : l’homme a prévu une garde pour les enfants.
Les courses sont faites et rangées, il ne manque rien, même pas vos lingettes démaquillantes ni vos serviettes hygiéniques bref, ça roule. Seul le souci de votre organisation dans votre vie professionnelle vient vous titiller par moment. Mais tout cela est normal, car l’homme travaille moins que vous et du coup cela lui revient de droit.
Wahoooooo…. Ceci n’est pas un conte de fée. C’est la réalité, pour une bonne partie de la population appelée HOMME. Pas « humain ». HOMME, de sexe masculin.
Eh oui ! Un nouveau nom trône sur le net, dans les réseaux sociaux, celui de « charge mentale », celui qui donne enfin une réponse à votre fatigue constante et votre impression de mener de front 12 jobs dont le plus dur, celui de manager familial. A croire que lorsque l’homme a dit « oui » à la mairie, une partie de son cerveau et venue se loger dans le vôtre. Il a jeté l’éponge, la clé, l’eau du bain, le bain et la baignoire. Il est devenu vierge de toute complication liée au management d’une famille. Chouette …. Pour lui !

Vous, en revanche, vous passez votre temps à travailler (eh oui), certes à un pourcentage un peu moins élevé, quoique ! Et vous passez le reste de votre temps à mimer des chasses au désordre dans votre appartement. Le ramassage d’un pull sur le canapé vous prend deux heures, car en allant le mettre à la lessive vous remarquez que le sac est plein, vous allez faire une lessive. En descendant à la buanderie, vous ne pouvez pas passer à cause du tas de chaussures devant la porte, vous posez la lessive, rangez les chaussures, vous reprenez la lessive, vous allez la mettre, vous vous rendez compte que le flacon est vide, vous remontez noter sur la liste, et là, vous regardez l’agenda familial à côté de ladite liste et vous constatez que le surlendemain vous avez un rendez-vous chez la kiné pour mini-pirate en même temps que l’homme a un colloque, vous appelez 12 personnes pour faire garder fille aînée. En reposant le téléphone 1h30 heure plus tard, vous avez écouté tout le monde se plaindre, geindre, du temps, de la hanche qui fait mal, du petit qui fait ses dents, mais vous n’avez pas de garde….. Alors vous agendez au lendemain de déplacer la kiné car c’est quand même bien moins important que le colloque de l’homme. Comme vous êtes absente le lendemain, vous faites une liste pour l’homme : vider la poubelle, sortir le compost, acheter des œufs pour le gâteau de tante Jeanne et ne pas oublier d’aller chercher les enfants à l’école (votre pire cauchemar).

Bref, je peux continuer des heures comme ça, mais vous savez déjà tout cela, et vous êtes toutes en train d’opiner du chef en disant « c’est tout à fait ça ! ».
Bien. Dans ces nombreux articles sur internet, il est vivement reproché à la femme de ne pas laisser de place à l’homme. Super. Un petit peu de culpabilité en plus pour le monde féminin ne sera pas de trop ! Alors j’ai essayé de lui faire de la place.
Au moment où je vous parle, la lessive a pris racine depuis 8 jours dans la chambre de fille aînée, je crois qu’elle fait totalement corps avec le sèche-linge. Il y a plus d’habits sales par terre dans les chambres à coucher des enfants que dans le sac prévu à cet effet. La table du salon et de la cuisine débordent d’objets hétéroclites, et vous remarquez qu’une nouvelle déco orne le tour de la télé. Sur la table du balcon, des dizaines de tasses à café sales s’alignent harmonieusement. Devant un tel désastre vous croisez l’homme, assis sur le banc du jardin qui vous demande : « Je fais la liste des courses, il reste quoi dans le frigo ? » Vous êtes partagée entre un cri de soulagement venant de votre utérus « rhaaaaaaaaaaaaaa… super on va pas tous mourir de faim » et un cri bien plus profond encore : « comment, bordel de merde, je peux savoir sur le bout du doigt ce qu’il reste dans le frigo ???? », je propose des options comme se lever et aller regarder, car non vous ne passez pas vos soirées devant l’armoire à mémoriser les denrées restantes. Je sais, ça peut étonner mais des fois vous dormez. Parce qu’on dira ce qu’on voudra, les enfants, quand ils sont petits, ça fatigue tout de même. Mais alors le quadra que vous adopté en cours de vie, c’est pire !!! Surtout que lui il a une mère déjà. Et qu’à priori, vous la connaissez mieux que lui car c’est vous qui avez mis sur un billet « appelle ta mère, c’est son anniversaire ». 





mardi 14 juin 2016

Lettre à Monsieur le Conseiller fédéral Burkhalter bis

Voici la lettre que j'adresse ce jour à Monsieur le Conseiller fédéral Bukhalter:






Monsieur le Conseiller fédéral Burkhalter,

C’est avec un brin d’étonnement et de colère, que je vous lis dans le « 24Heures » du mardi 14 juin 2016.

En effet, je vous ai écrit le 25 octobre 2015 pour vous alerter sur mes préoccupations concernant la crise migratoire. Je vous parlais d’une catastrophe humanitaire et de mes inquiétudes sur l’inaction de la Suisse et de ses pays limitrophes. J’ai été jusqu’à vous dire qu’un nouvel Auschwitz était en route, une page d’Histoire noire et infâme s’écrivait d’ores et déjà depuis plusieurs mois/années.

Vous m’avez très gentiment répondu que la Suisse, dans les limites de ses possibilités mettait en œuvre tout un tas de démarches pour venir en aide à ces personnes bravant l’indicible pour fuir la guerre.

Quid, en ce mois de juin 2016 ?

C’est de pire en pire. Les camps se font désormais plus grands, les gens meurent toujours en traversant la Méditerranée, les enfants disparaissent, la faim se fait tenace, et les frontières se referment en même temps que les yeux de beaucoup trop d’humains face à ce drame.

Je ne suis effectivement pas politicienne, je n’ai pas fait Science Po et je n’ai évidemment pas vos responsabilités. Mais j’ai des yeux. Et des mains qui depuis quelques mois œuvrent pour un monde que je vois, couler aussi sûrement que ces bateaux de pacotille chargés à bloc pour enrichir les passeurs. Que fait la SUISSE pour empêcher cela ?
Vous dites dans cet interview au sujet de la Syrie : « les violations des droits de l’homme doivent opérer comme un signal d’alerte avant que les crises n’éclatent. » Je crains que la crise n’ait éclaté depuis quelques temps déjà…
Vous désirez mettre en place « un système d’alerte précoce. Ce n’est pas quelque chose de compliquez… même s’il faut convaincre beaucoup de gens » dites vous. Chouette alors. Si ce n’est pas si difficile, pourquoi ne pas l’avoir mis en place avant ? Je m’interroge.


Et si c’est actuellement que vous vous posez ces questions, je me les pose depuis longtemps. Les Droits de l’Homme sont inexistants dans ces camps de fortune où nombre de mes amis se sont rendus pour faire le travail des gouvernements. J’ai autour de mois des dizaines d’hommes et de femmes qui travaillent sans relâche pour amener de quoi manger, se laver, se soigner à ces familles en péril. Est-ce notre job, à nous citoyen-nes du monde que d’aider son prochain ? Oui c’est notre job. Et c’est votre job également que de leur venir en aide.
 
Je vous propose de vous rendre sur place. De regarder les yeux de ces enfants. De leurs parents. Puis de revenir chez vous avec ses images dans les yeux. Et je suis sûre, que votre sens de l’humanité, de l’entraide, se fera sentir encore plus puissamment dans vos tripes d’humain et non de politicien. VOUS avez des cartes que VOUS pouvez jouer. La Syrie n’a pas besoin d’armement, elle a besoin d’un cesser le feu, et d’une terre d’accueil pour ses habitants qui ont du fuir l’horreur de cette guerre. Ils ont besoin de toits et je sais que la Suisse en possède, ils ont besoin de sécurité et ils ont besoin d’être reconnus en tant qu’humains et non comme des bêtes que l’on parque dans des camps entre deux barbelés.

Je suis fâchée, Monsieur le Conseiller fédéral, car en tant que citoyenne, je ne suis pas fière de mon pays. Car ce pays je ne le vois pas se mettre debout pour aider ces milliers de gens.

Vous dites en parlant de la Syrie « S’il y avait eu au départ une véritable volonté de tenir compte de certains signes avant-coureurs, nous n’en serions pas là ». C’est bien ce que je me tue à dire. C’est une question de volonté mais pas de moyens.

Alors je réitère ma question : que voulez-vous faire pour leur venir en aide ?

Voilà ce que nous faisons nous, citoyen-nes qui avons tous un job, une famille, et qui payons nos impôts :

-       Nous récoltons des tonnes de couvertures, sacs de couchage, habits homme/femme/enfant.
-     Nous récoltons des fonds pour partir sur place amener tout cela.
-   Nous organisons des manifestations pour sensibiliser nos concitoyens sur la guerre et ses conséquences
-   Nous récoltons des médicaments, kit d’hygiènes que nous remettons sur place.
-          Nous écoutons leurs peurs, leur terreur,
-  Nous nous rendons à Paris, Calais, Idomini, Samos, Thessaloniki…

Et nous rentrons chez nous épuisé mais heureux d’avoir vu un homme sourire ou un enfant jouer avec des bulles de savon, seule chose que nous puissions leur amener dans cette boue infâme.

Alors je vous propose de venir nous aider. Et de considérer l’humain non comme un numéro mais comme un de vos frères.

Avec tout mon respect. Je vous remercie de m’avoir lue.







mercredi 9 mars 2016

T'es où?



Je l’avais appelé « Poum poum poum », à cause des Barbapapa qui vont sur Mars et qui rencontrent leur « alter ego en noir et blanc ».
Je ne sais pas pourquoi ce nom, mais j’aimais bien, ça sonnait comme le début d’une chanson, une petite ritournelle.
7 semaines, qu’est-ce que c’est 7 semaines dans une vie ? 49 jours que je vivais avec. Il me suivait partout. Et me faisait déjà mener une vie complètement différente.

Un soir, j’ai eu envie d’enlever toutes mes dreads, j’ai passé des heures à tout démêler et devenir à la fin du soin et des douze masques hydratants une vraie dame aux cheveux soyeux.

A la poterie, je ne faisais que des tasses rondes, des pots ronds, des vases ronds, même mes dessins finissaient par des ronds dodus et pleins.

Je pleurais chaque fois que j’ouvrais Facebook et que je découvrais les horreurs du monde, j’ai donc arrêté de lire les news.

Tous ces indices me menaient à la même conclusion : je suis enceinte.
Et un pipi plus tard, je constatais les deux barres tant attendues depuis plus de 2 ans ! Joie, bonheur, angoisses, rires nerveux et quelques verres d’eau plus tard, je me regardais au fond des yeux. Quelque chose avait changé, malgré mes traits un peu tirés par l’angoisse et les nausées, je voyais une lumière. Comme à chaque fois que je suis enceinte.

Je l’ai annoncé à l’homme, il était heureux et on a invité toute la famille à la crêperie, bien sûr en ne dévoilant pas le secret. Trop tôt. On a écumé les boutiques, vu des petits lits. Des petits body taille zéro et des doudous tout doux qui sont fait exprès pour les nouveaux-nés. Envie de tout acheter, mais on n’a pas fait de folie, trop tôt.

J’ai passé 15 jours de crise de nerfs en crise de joie,… pour moi la grossesse est très loin d’être une partie de plaisir, je suis paniquée de le perdre, paniquée qu’il me quitte, qu’il aille mal, bref, c’est 9 mois d’angoisse. Mais là je me suis dit ; « quoiqu’il arrive, c’est la dernière ».

Mini pirate fêtait ses 4 ans, elle commence l’école en août et « Poum poum poum » naissait en octobre, le pied, je ne pouvais pas rêver mieux.

Mais ce n’est pas comme ça la vie. Ce n’est pas comme un conte ou un film hollywoodien.
C’est comme une chanson de Linda Lemay. Vous savez celle où elle dit : « moi j’étais sûre que t’étais bien, que t’avais pas envie de partir, moi j’étais sûre que t’étais fort, je ne t’ai pas entendu mourir »… moi non plus je ne l’ai pas entendu. J’ai juste été pliée en deux de douleurs dans ma cuisine et j’ai vu le sang, et j’ai su que c’était la dernière.

Il n’y aura plus de doudous tout mous, plus de poussette pleine de miettes de pains, plus de petites mains qui s’accrochent à mon doigts par réflexe, plus de prénoms à trouver, plus que du vide et l’impression amère que je suis incapable de donner la vie à nouveau. Et la culpabilité de n’être pas comme les autres, de ne pas pouvoir offrir un autre enfant à mon mari, à ma fille, à ma belle-fille, à la vie, au monde, à moi….

L’hôpital a confirmé que « Poum poum poum » s’était fait en partie la malle. J’ai du l’aider à se faire vraiment la malle… et c’est peut-être ça le pire. Expulser hors de vous ce que vous souhaiter protéger à l’intérieur de vous.

C’est comme ça la vraie vie. C’est 3 fausses couches en 5 ans. C’est choisir qu’on enfantera plus. C’est voir des femmes enceintes partout et les haïr. On sait tous que ça passera, on sait tous qu’on s’en remet, on sait tous qu’il y a des histoires bien pires que la nôtre, on sait tous que les enfants que nous avons, nous apportent le meilleur, et qu’il faut vraiment profiter de les regarder, pas les voir, mais les regarder.

On sait aussi qu’on a besoin de ses proches, qu’on a besoin d’être reconnue dans ce statut de deuil et que non le mot n’est pas trop fort. On a besoin de douceur et de câlins, on a besoin de comprendre, de savoir, de parler, encore.

Je reproche à tout le corps médical la manière dégueulasse et abjecte de traiter la fausse couche comme une routine. Pour chaque femme c’est différent, mais ce n’est jamais une routine. Jamais. Et je me battrai dès lors pour qu’on nous reconnaisse et que l’on nous écoute ailleurs que chez un psy à CHF 150.- de l’heure. N’a-t-on déjà pas assez payé comme ça ?

On sait qu’on finira par créer un autre projet, mais on sait aussi que chaque fois qu’on lira les Barbapapa vont sur Mars, ce petit être nous manquera.

Font chier les Barbapapa.


jeudi 24 décembre 2015

Joyeux Noël ou comment ne pas avoir d’inspiration sur le thème !



L’année touche à sa fin. Dans quelques jours on se remémorera la tuerie de Charlie Hebdo. C’est à ce moment que mon blog a commencé.

Mon année (pour vous parler un peu de moi) a été pleine de rebondissements et c’est une des première fois depuis bien longtemps que je ne me dis pas « j’espère que l’année prochaine sera meilleure », car 2015 fut un bon cru ! Mais vous vous en foutez un peu de mon année et je le comprends

Alors parlons de Noël, c’est  joli Noël. Et c’est féerique : toutes ces lumières de Noël qui viennent bouffer de l’énergie alors qu’on fait exprès de changer d’heure chaque année pour consommer moins. On est tous crevés par ce changement et deux semaines après, hop avec une petite mélodie des « Anges dans nos campagnes » on allume toute une ville ! C’est logique.

C’est beau Noël, parce que l’on sent que tout le monde véhicule le même message. Toutes les grandes enseignes du monde: CONSOMMEZ. C’est bien, pour une fois tout le monde est d’accord. Parce que c’est vrai, il faut bien le dire, la naissance de Jésus dans sa cahute avec la mère à califourchon sur l’âne et notre ami Joseph qui construisait déjà le landau, c’est le message qu’ils voulaient faire passer : « Achète une tablette à ton gosse ». C’est juste mal traduit, c’est tout.

Pis Noël, c’est l’ occasion de tous se retrouver pour manger un truc comme un foie gavé d’une oie torturée ou alors des œufs de poissons, ou une bonne viande bien juteuse. Ce matin, je me promenais avec mini-pirate en ville et j’ai vu des gens qui faisaient la queue jusque dehors des boucheries. Je vais leur proposer des plats végétariens. Ils gagneront du temps.

Mais avant tout, comme tout le monde l’a si bien compris, Noël c’est le partage. Par exemple on reçoit des sms comme « c koi le num de réf du lego ke veu ta fille ? » ou qui prend qui à Noël (pour les parents divorcés), il y a la clause « sapin » (une année Noël, une année Nouvel An), clause sapin, hahahaha… non mais pourquoi pas la clause « bûche » ? Bref, on reçoit des nouvelles de tante Hildegarde qui est hyper contente que les garçons aillent bien… zut, on a deux filles, elle a dû se gourer. Et on sent que les Noël en famille, c’est la base.
Tout le monde est serein, du reste les pharmacies sont en rupture de stock de Gelsemium. Bon.

Je peux vous faire la morale, vous dire que l’artisanat reste le meilleur moyen d’offrir des cadeaux en ce jour si beau. Mais vous ne le trouverez que très rarement dans les Marchés de Noël, l’importation de produit indiens ou chinois semble plus à même d’attirer le chaland.

Vous pouvez aussi ne rien offrir, faire une soupe et chanter des chansons. Si vous ne savez pas chanter, vous pouvez toujours faire du triangle. Joli son, le triangle.

Sur ce, je vous remercie de m’avoir suivie durant toute cette année. L’année prochaine sera une année riche en joies, en coup de gueule et en rires !

On est tous des cons vous souhaite un Joyeux Noël !

Paix, amour et sourires aux lèvres.

PS : Si vous avez beaucoup d’argent et aucune idée de cadeau, je vous propose un don à Humansnation. Allez HOP !