mardi 14 juin 2016

Lettre à Monsieur le Conseiller fédéral Burkhalter bis

Voici la lettre que j'adresse ce jour à Monsieur le Conseiller fédéral Bukhalter:






Monsieur le Conseiller fédéral Burkhalter,

C’est avec un brin d’étonnement et de colère, que je vous lis dans le « 24Heures » du mardi 14 juin 2016.

En effet, je vous ai écrit le 25 octobre 2015 pour vous alerter sur mes préoccupations concernant la crise migratoire. Je vous parlais d’une catastrophe humanitaire et de mes inquiétudes sur l’inaction de la Suisse et de ses pays limitrophes. J’ai été jusqu’à vous dire qu’un nouvel Auschwitz était en route, une page d’Histoire noire et infâme s’écrivait d’ores et déjà depuis plusieurs mois/années.

Vous m’avez très gentiment répondu que la Suisse, dans les limites de ses possibilités mettait en œuvre tout un tas de démarches pour venir en aide à ces personnes bravant l’indicible pour fuir la guerre.

Quid, en ce mois de juin 2016 ?

C’est de pire en pire. Les camps se font désormais plus grands, les gens meurent toujours en traversant la Méditerranée, les enfants disparaissent, la faim se fait tenace, et les frontières se referment en même temps que les yeux de beaucoup trop d’humains face à ce drame.

Je ne suis effectivement pas politicienne, je n’ai pas fait Science Po et je n’ai évidemment pas vos responsabilités. Mais j’ai des yeux. Et des mains qui depuis quelques mois œuvrent pour un monde que je vois, couler aussi sûrement que ces bateaux de pacotille chargés à bloc pour enrichir les passeurs. Que fait la SUISSE pour empêcher cela ?
Vous dites dans cet interview au sujet de la Syrie : « les violations des droits de l’homme doivent opérer comme un signal d’alerte avant que les crises n’éclatent. » Je crains que la crise n’ait éclaté depuis quelques temps déjà…
Vous désirez mettre en place « un système d’alerte précoce. Ce n’est pas quelque chose de compliquez… même s’il faut convaincre beaucoup de gens » dites vous. Chouette alors. Si ce n’est pas si difficile, pourquoi ne pas l’avoir mis en place avant ? Je m’interroge.


Et si c’est actuellement que vous vous posez ces questions, je me les pose depuis longtemps. Les Droits de l’Homme sont inexistants dans ces camps de fortune où nombre de mes amis se sont rendus pour faire le travail des gouvernements. J’ai autour de mois des dizaines d’hommes et de femmes qui travaillent sans relâche pour amener de quoi manger, se laver, se soigner à ces familles en péril. Est-ce notre job, à nous citoyen-nes du monde que d’aider son prochain ? Oui c’est notre job. Et c’est votre job également que de leur venir en aide.
 
Je vous propose de vous rendre sur place. De regarder les yeux de ces enfants. De leurs parents. Puis de revenir chez vous avec ses images dans les yeux. Et je suis sûre, que votre sens de l’humanité, de l’entraide, se fera sentir encore plus puissamment dans vos tripes d’humain et non de politicien. VOUS avez des cartes que VOUS pouvez jouer. La Syrie n’a pas besoin d’armement, elle a besoin d’un cesser le feu, et d’une terre d’accueil pour ses habitants qui ont du fuir l’horreur de cette guerre. Ils ont besoin de toits et je sais que la Suisse en possède, ils ont besoin de sécurité et ils ont besoin d’être reconnus en tant qu’humains et non comme des bêtes que l’on parque dans des camps entre deux barbelés.

Je suis fâchée, Monsieur le Conseiller fédéral, car en tant que citoyenne, je ne suis pas fière de mon pays. Car ce pays je ne le vois pas se mettre debout pour aider ces milliers de gens.

Vous dites en parlant de la Syrie « S’il y avait eu au départ une véritable volonté de tenir compte de certains signes avant-coureurs, nous n’en serions pas là ». C’est bien ce que je me tue à dire. C’est une question de volonté mais pas de moyens.

Alors je réitère ma question : que voulez-vous faire pour leur venir en aide ?

Voilà ce que nous faisons nous, citoyen-nes qui avons tous un job, une famille, et qui payons nos impôts :

-       Nous récoltons des tonnes de couvertures, sacs de couchage, habits homme/femme/enfant.
-     Nous récoltons des fonds pour partir sur place amener tout cela.
-   Nous organisons des manifestations pour sensibiliser nos concitoyens sur la guerre et ses conséquences
-   Nous récoltons des médicaments, kit d’hygiènes que nous remettons sur place.
-          Nous écoutons leurs peurs, leur terreur,
-  Nous nous rendons à Paris, Calais, Idomini, Samos, Thessaloniki…

Et nous rentrons chez nous épuisé mais heureux d’avoir vu un homme sourire ou un enfant jouer avec des bulles de savon, seule chose que nous puissions leur amener dans cette boue infâme.

Alors je vous propose de venir nous aider. Et de considérer l’humain non comme un numéro mais comme un de vos frères.

Avec tout mon respect. Je vous remercie de m’avoir lue.







mercredi 9 mars 2016

T'es où?



Je l’avais appelé « Poum poum poum », à cause des Barbapapa qui vont sur Mars et qui rencontrent leur « alter ego en noir et blanc ».
Je ne sais pas pourquoi ce nom, mais j’aimais bien, ça sonnait comme le début d’une chanson, une petite ritournelle.
7 semaines, qu’est-ce que c’est 7 semaines dans une vie ? 49 jours que je vivais avec. Il me suivait partout. Et me faisait déjà mener une vie complètement différente.

Un soir, j’ai eu envie d’enlever toutes mes dreads, j’ai passé des heures à tout démêler et devenir à la fin du soin et des douze masques hydratants une vraie dame aux cheveux soyeux.

A la poterie, je ne faisais que des tasses rondes, des pots ronds, des vases ronds, même mes dessins finissaient par des ronds dodus et pleins.

Je pleurais chaque fois que j’ouvrais Facebook et que je découvrais les horreurs du monde, j’ai donc arrêté de lire les news.

Tous ces indices me menaient à la même conclusion : je suis enceinte.
Et un pipi plus tard, je constatais les deux barres tant attendues depuis plus de 2 ans ! Joie, bonheur, angoisses, rires nerveux et quelques verres d’eau plus tard, je me regardais au fond des yeux. Quelque chose avait changé, malgré mes traits un peu tirés par l’angoisse et les nausées, je voyais une lumière. Comme à chaque fois que je suis enceinte.

Je l’ai annoncé à l’homme, il était heureux et on a invité toute la famille à la crêperie, bien sûr en ne dévoilant pas le secret. Trop tôt. On a écumé les boutiques, vu des petits lits. Des petits body taille zéro et des doudous tout doux qui sont fait exprès pour les nouveaux-nés. Envie de tout acheter, mais on n’a pas fait de folie, trop tôt.

J’ai passé 15 jours de crise de nerfs en crise de joie,… pour moi la grossesse est très loin d’être une partie de plaisir, je suis paniquée de le perdre, paniquée qu’il me quitte, qu’il aille mal, bref, c’est 9 mois d’angoisse. Mais là je me suis dit ; « quoiqu’il arrive, c’est la dernière ».

Mini pirate fêtait ses 4 ans, elle commence l’école en août et « Poum poum poum » naissait en octobre, le pied, je ne pouvais pas rêver mieux.

Mais ce n’est pas comme ça la vie. Ce n’est pas comme un conte ou un film hollywoodien.
C’est comme une chanson de Linda Lemay. Vous savez celle où elle dit : « moi j’étais sûre que t’étais bien, que t’avais pas envie de partir, moi j’étais sûre que t’étais fort, je ne t’ai pas entendu mourir »… moi non plus je ne l’ai pas entendu. J’ai juste été pliée en deux de douleurs dans ma cuisine et j’ai vu le sang, et j’ai su que c’était la dernière.

Il n’y aura plus de doudous tout mous, plus de poussette pleine de miettes de pains, plus de petites mains qui s’accrochent à mon doigts par réflexe, plus de prénoms à trouver, plus que du vide et l’impression amère que je suis incapable de donner la vie à nouveau. Et la culpabilité de n’être pas comme les autres, de ne pas pouvoir offrir un autre enfant à mon mari, à ma fille, à ma belle-fille, à la vie, au monde, à moi….

L’hôpital a confirmé que « Poum poum poum » s’était fait en partie la malle. J’ai du l’aider à se faire vraiment la malle… et c’est peut-être ça le pire. Expulser hors de vous ce que vous souhaiter protéger à l’intérieur de vous.

C’est comme ça la vraie vie. C’est 3 fausses couches en 5 ans. C’est choisir qu’on enfantera plus. C’est voir des femmes enceintes partout et les haïr. On sait tous que ça passera, on sait tous qu’on s’en remet, on sait tous qu’il y a des histoires bien pires que la nôtre, on sait tous que les enfants que nous avons, nous apportent le meilleur, et qu’il faut vraiment profiter de les regarder, pas les voir, mais les regarder.

On sait aussi qu’on a besoin de ses proches, qu’on a besoin d’être reconnue dans ce statut de deuil et que non le mot n’est pas trop fort. On a besoin de douceur et de câlins, on a besoin de comprendre, de savoir, de parler, encore.

Je reproche à tout le corps médical la manière dégueulasse et abjecte de traiter la fausse couche comme une routine. Pour chaque femme c’est différent, mais ce n’est jamais une routine. Jamais. Et je me battrai dès lors pour qu’on nous reconnaisse et que l’on nous écoute ailleurs que chez un psy à CHF 150.- de l’heure. N’a-t-on déjà pas assez payé comme ça ?

On sait qu’on finira par créer un autre projet, mais on sait aussi que chaque fois qu’on lira les Barbapapa vont sur Mars, ce petit être nous manquera.

Font chier les Barbapapa.


jeudi 24 décembre 2015

Joyeux Noël ou comment ne pas avoir d’inspiration sur le thème !



L’année touche à sa fin. Dans quelques jours on se remémorera la tuerie de Charlie Hebdo. C’est à ce moment que mon blog a commencé.

Mon année (pour vous parler un peu de moi) a été pleine de rebondissements et c’est une des première fois depuis bien longtemps que je ne me dis pas « j’espère que l’année prochaine sera meilleure », car 2015 fut un bon cru ! Mais vous vous en foutez un peu de mon année et je le comprends

Alors parlons de Noël, c’est  joli Noël. Et c’est féerique : toutes ces lumières de Noël qui viennent bouffer de l’énergie alors qu’on fait exprès de changer d’heure chaque année pour consommer moins. On est tous crevés par ce changement et deux semaines après, hop avec une petite mélodie des « Anges dans nos campagnes » on allume toute une ville ! C’est logique.

C’est beau Noël, parce que l’on sent que tout le monde véhicule le même message. Toutes les grandes enseignes du monde: CONSOMMEZ. C’est bien, pour une fois tout le monde est d’accord. Parce que c’est vrai, il faut bien le dire, la naissance de Jésus dans sa cahute avec la mère à califourchon sur l’âne et notre ami Joseph qui construisait déjà le landau, c’est le message qu’ils voulaient faire passer : « Achète une tablette à ton gosse ». C’est juste mal traduit, c’est tout.

Pis Noël, c’est l’ occasion de tous se retrouver pour manger un truc comme un foie gavé d’une oie torturée ou alors des œufs de poissons, ou une bonne viande bien juteuse. Ce matin, je me promenais avec mini-pirate en ville et j’ai vu des gens qui faisaient la queue jusque dehors des boucheries. Je vais leur proposer des plats végétariens. Ils gagneront du temps.

Mais avant tout, comme tout le monde l’a si bien compris, Noël c’est le partage. Par exemple on reçoit des sms comme « c koi le num de réf du lego ke veu ta fille ? » ou qui prend qui à Noël (pour les parents divorcés), il y a la clause « sapin » (une année Noël, une année Nouvel An), clause sapin, hahahaha… non mais pourquoi pas la clause « bûche » ? Bref, on reçoit des nouvelles de tante Hildegarde qui est hyper contente que les garçons aillent bien… zut, on a deux filles, elle a dû se gourer. Et on sent que les Noël en famille, c’est la base.
Tout le monde est serein, du reste les pharmacies sont en rupture de stock de Gelsemium. Bon.

Je peux vous faire la morale, vous dire que l’artisanat reste le meilleur moyen d’offrir des cadeaux en ce jour si beau. Mais vous ne le trouverez que très rarement dans les Marchés de Noël, l’importation de produit indiens ou chinois semble plus à même d’attirer le chaland.

Vous pouvez aussi ne rien offrir, faire une soupe et chanter des chansons. Si vous ne savez pas chanter, vous pouvez toujours faire du triangle. Joli son, le triangle.

Sur ce, je vous remercie de m’avoir suivie durant toute cette année. L’année prochaine sera une année riche en joies, en coup de gueule et en rires !

On est tous des cons vous souhaite un Joyeux Noël !

Paix, amour et sourires aux lèvres.

PS : Si vous avez beaucoup d’argent et aucune idée de cadeau, je vous propose un don à Humansnation. Allez HOP ! 



samedi 21 novembre 2015

Ça me prend la dread!!



Mais qu’est-ce que je pourrais bien vous raconter ?

Qu’il y a comme une chape de plomb sur ma tête depuis quelques semaines ? Que même quand je regarde ma vie sous tous les angles et que j’y vois que du bon à la pelle, eh bien je n’arrive pas à ne pas voir un petit nuage gris, tout petit, mais qui fait de l’ombre à mes sourires.

Je pourrais vous raconter aussi comme je n’ai peur de rien, que je suis tellement forte ! Mourir debout au lieu de vivre à genoux etc… mais, je sens bien que mes jambes se font moins solides quand je pose une question très banale, du genre « on risque quoi concrètement en Suisse ? » Je pourrais aussi vous dire que j’ai tout le temps peur, que ma vie est une suite de peurs, et que ça n’empêche pas de se réaliser, malgré tout. Vous dire que chaque fois que Humansnation part avec leurs valises pleines à la rencontre des réfugiés, j’ai l’impression d’avoir un bout qui les accompagne, que j’ai peur pour elles, pour eux, pour les gens qui ont froid, qui ont du quitter leur pays, tout le temps, tout le temps. Parce que ce n’est pas juste. Et quand je vous écris ça j’ai les larmes qui roulent. Pendant trois ans, je n’ai pas lu les journaux, je n’ai pas regardé la télé, par lâcheté ou par protection, je ne sais pas… les deux peut-être. Et j’ai rallumé avec Charlie Hebdo.

Je pourrais vous dire de vous marrer, parce que j’y crois tellement, mais je n’ai rien de drôle sous la main, sous le coude ou sous le menton !
Je pourrais vous dire : ça va passer. Mais qui serai-je pour dire cela ?

Alors quoi ?

Je ne vous dis rien. Je range mon texte, une fois de plus, en me disant que ce n’est pas le moment, que ce n’est pas abouti, juste parce que je ne sais pas quoi vous dire ?

Je peux vous parler de banalités : vous saviez que mon amie Mirella, ne veut pas me tricoter des chauffe-poignets, doux et pleins de couleurs ? Hu ? Mais même ça, c’est loin d’être une banalité : c’est une honte !

Sinon, je peux vous dire que ma mini pirate elle fait des sacrés beaux bonhommes patates avec des bras et des jambes et aussi des oreilles de lapins aux lapins, si, c’est important, un stade de plus. (Bien que je me demande si elle ne m’enfle pas un peu avec ça. Je pense que c’est un génie de la peinture qui sait faire des bonhommes patates depuis des lustres mais qui s’en fout parce qu’elle, ce qu’elle veut c’est de l’expressionisme abstrait). Hum…

Ah oui ! J’ai fait tous mes cadeaux de Noël. Bon je n’en fais que deux à mes enfants. Donc c’était assez vite réglé en fait.

Vous dire que la colère éclate chez moi comme un ballon rempli d’eau qui éclabousse tout sur son passage ? Que le week-end dernier, j’ai cru que je me tapais la tête contre les murs à force de lire sur les réseaux sociaux des abrutis dire des phrases méga réfléchies comme « moi j’vé sortir mon 9mm pour tiré dan toute lé téte ki son pa français ». Super bonne avancée de la race humaine. Quand je dis qu’on est tous amis, c’est vrai qu’un léger doute s’immisce avant de me dire : c’est le côté inculte et peureux qui crée ce genre de choses. Mais où le con réussit, c’est qu’avec ma sensibilité à fleur d’épiderme, il me fâche le con, et il me fâche fort.

Alors il ne reste plus que l’amour. Et je pense que ça, c’est possible de vous en parler. Je vais faire court.

Quand je regarde les mains de ma petite louloutte l’une sur l’autre en train de lire un livre, toute calme, ben moi ça me met le sourire aux lèvres et je me dis : wahooo, ce que je l’aime. Quand l’homme remonte avec le sac de lessive de la buan… non je déconne, quand l’homme me regarde avec ses grands yeux noirs, je n’ai qu’une envie c’est me lover dans ses bras pendant les 50 prochaines années en n’oubliant pas, avant, de décrocher le téléphone, et d’éteindre FB, mon portable et tout ce qui pourrait nous déranger. Quand je vois le soleil à travers les feuilles fragiles orangées, je me dis que personne ne fera mieux. Plusieurs fois par jour, j’ai plein de montées d’amour pour le monde. Mais rien que de l’écrire, on a l’air con dans ce monde de lutte constante. Alors je vais prendre le risque et je vais vous dire que je vous aime.

Moi je vois qu’une solution. On va s’aimer bordel. Et si j’entends quelqu’un murmurer que c’est naïf et que c’est con, ben je lui envoie une dose d’amour en plus jusqu’à ce que ça colle. Et là, collé dans l’amour, le con il aura plus le choix. De toute façon, il pourra plus bouger.



dimanche 25 octobre 2015

"On est tous des cons" passe à l'action!

Je me suis levée ce matin avec une drôle de sensation. Une tristesse sourde et profonde m'a envahie de la tête au pieds quand j'ai lu les comptes rendus sur Facebook de Humansnation, concernant les réfugiés qui arrivent en Europe de l'Est. C'est effroyable. Innommable.
La tristesse s'est alors vite transformée en impuissance et en colère. Pourquoi des milliers de personnes se retrouvent dans des camps, dans le froid, sans eau, sans toilette, sans médecin, sans rien d'humain? Pourquoi faut-il signer des pétitions pour que les aides humanitaires puissent s'approcher des camps???

Depuis le début du blog, je suis une petite fourmi qui réagit, et là j'ai décidé de réagir mais j'ai besoin de vous, de vous TOUS pour que ce génocide programmé par les grands de ce monde n'arrive pas. Oubliez vos peurs et aidez-les, avec vos dons, votre cœur, votre temps. Bref. C'est urgent.

Mon mari et moi avons décidez d'écrire à Monsieur Burkhalter, Conseiller Fédéral des Affaires Étrangères. Ce n'est peut-être qu'un mini caillou lancé dans l'océan, mais c'en est un. Et ce n'est que le premier. La fourmi que je suis, la fourmi qui a une famille qui a signé cette lettre, continuera la lutte. Je refuse de me mettre à genou devant une phrase comme "on ne peut rien faire". 
Voici la lettre:



                                                                                 

Crise humanitaire majeure

Monsieur le Conseiller fédéral,

Nous savons et VOUS savez également ce qui se joue actuellement comme catastrophe humanitaire dans différents pays d’Europe de l’Est. L’hiver arrive et des milliers de personnes en survie, parquées dans des camps, dans des conditions insoutenables vont mourir sous nos yeux.

Impuissants que nous sommes, simples citoyens de Suisse et du monde face à ce désastre humain, nous refusons de porter individuellement cette colère, cette tristesse, cette honte dûe à votre inaction, votre attentisme, votre complaisance. Vous avez les moyens de ne pas laisser mourir des milliers d’enfants et d’adultes qui fuient la guerre et qui ont exactement la même valeur humaine que vous, vos enfants, votre femme.

Nous vous exhortons à mettre en œuvre tout ce qui est en votre pouvoir pour empêcher ce meurtre de masse programmé.
Il y a URGENCE. C’est maintenant.
Auschwitz et Treblinka.

Nous fondons  nos espoirs les plus fous dans votre réactivité historique.
Espoirs d’hommes et de femmes citoyens du monde déchirés en tant que citoyens de ce pays qui défend si bien une tradition humanitaire et pacificatrice.

Recevez nos meilleures salutations.




En copie :   CICR, Av. de la Paix 19, 1202 Genève
                     RTS, Direction, Quai-Ansermet 20, 1205 Genève
                     ONU, Secrétariat général, Palais des Nations, 1211 Genève
                     EDIPRESSE GROUPE, Direction, Av. de la Gare 33, 1001 Lausanne
                     Avaaz.org
                     presse@humansnation.com

Merci de l'avoir lue. Levons-nous ensemble pour éviter le pire.
Pour information, un événement aura lieu mercredi 28 octobre 2015, à partir de 18h à l'Aula Magna et Foyer du Château d'Yverdon-les-Bains, ayant pour titre: "Agir pour les réfugié-e-s: quelles pistes?". VENEZ NOMBREUX! 




jeudi 24 septembre 2015

Coup de gueule ! Honte à vous !!



Depuis quelques semaines, je sursaute d’indignation en entendant certains propos sur les réseaux sociaux, dans les journaux ou simplement à l’épicerie du coin. Chacun y va de son petit ou grand côté raciste, patriotique, chauvin, religieux ou que sais-je…

Je n’en peux plus. J’ai peur, je suis triste et j’ai honte de vous. Je vomis vos paroles répétées par cœur que vous ne comprenez même pas.

Peut-on espérer un moment de silence. Mais je pense que rien ne suffit à vous faire taire à part la révélation du secret de la saison 102 de Secret Story. S’il vous plaît, essayez d’écouter au moins les battements de votre cœur.

Je vais juste vous donner un filon, un tout petit… et comme je suis égocentrique je vais parler de moi.

Je ne suis pas patriotique, croyante, méchante, médisante, blanche, noire, étrangère, suisse, dans les normes,  insensible, dévalorisante, mariée, célibataire, je ne suis pas hétéro, homo, jaune, rouge, verte, de gauche, de droite, libre, en prison, riche, pauvre, reconnue, orthodoxe, musulmane, chrétienne, libérale, égoïste, économe, fashionista, hippie, en emploi, au chômage, à l’aide sociale, alcoolique, toxicomane, connectée, jolie, moche, blonde, rousse, noiraude, châtain...

Je suis juste un être humain.

Comme tous les êtres humains qui essaient de fuir leur pays.
Alors bienvenue à ces êtres humains en lesquels je me reconnais et je me vois. Et j’espère au plus profond de mon cœur d’humain qu’ils arriveront un jour à rire de nouveau.

PS : Non, le mot « humain » cité 4x dans le dernier paragraphe n’est pas une faute de répétition ou de manque de synonymes, de l’entendre plusieurs fois peut aider à l’assimiler.




mercredi 16 septembre 2015

Anniversaire de mariage



Le 31 août dernier, ça faisait 4 ans que je me suis mariée. Et ce n’est pas parce que l’on a joué notre mariage à Cap ou Pas cap, que ce n’est pas un jour important ! Donc…

…En ce lundi, après avoir écrit un mot à mon cher et tendre, je lui ai acheté un petit présent, c’est tellement bien attentionné le cadeau, parce que même si t’y crois pas vraiment aux belles institutions du mariage, tu veux faire plaisir à l’autre. Moi je lui ai acheté un bilboquet parce que c’est un jouet en bois (restons enfant), et surtout parce que c’est deux parties séparables mais totalement inséparables si tu veux y jouer. Je trouvais la métaphore jolie.

J’ai, ensuite, attendu qu’il revienne de chez le dentiste pour qu’on se fasse un bek, échange de cadeau et hop je pars à la poterie. On ne va pas se la jouer souper aux chandelles quand même ! Mais là, le destin nous a proposé autre chose.

Mon amoureux s’est pris la porte automatique de la clinique dentaire, après une extraction de la prémolaire gauche. Qu’est-ce que ça veut bien pouvoir dire en langage du corps, un truc comme ça ?

18h16 : le téléphone sonne.
« chwui à la cwcliniquwch et chwai mal.. » moi ne comprenant qu’un mot sur 12, je demande qu’il reformule sa phrase. De guerre lasse, il me passe l’assistante pour mon plus grand bonheur. Là, une voie normale s’échappe de mon ibidule pour me dire que mon mari est entré en collision avec la porte vitrée et qu’il s’est ouvert le nez, qu’il est un peu sonné et qu’il ne peut pas conduire. Il conviendrait que je l’amène aux Urgences.

18h22 : je demande à mini-pirate de mettre ses chaussures rapidement, car papa a eu un léger accident et que nous allons  aller le chercher à la clinique. « Oui mais moi je veux jouer, maman ». NON, ça ne va pas être possible. Le tout, rester calme.

18h29 : passé par les chemins vicinaux. Roulé sur deux roues à l’heure de pointe, j’arrive avec calme et sérénité à la clinique dentaire, même si à l’intérieur de moi, je suis mortifiée par ce que je vais y découvrir. J’ai un passif d’accident qui me fait redouter les appels avec le mot « urgence » dedans.

18h31 : mon homme est assis sur une chaise de dentiste, un sac de glace sur la tête, le nez explosé et une bosse bien marquée sur le front. Avec évidemment une dent en moins donc endormi de la moitié de la gueule, ça donne un peu l’illusion qu’il descend d’un ring de boxe. Je le prends par la main. Ou plutôt il s’accroche à mon bras et nous partons cahin-caha, après avoir remercié très chaleureusement les médecins dentistes très efficaces également en cas de blessure au nez.

18h45 : Urgences de l’hôpital. Je laisse ici mon très cher mari, pour aller chercher ses antibios pour sa dent, et faire garder ma louloutte car je sens bien qu’on en a pour un certain temps. Je ressens une énorme protection bienveillante envers l’être aimé, jusqu’à ce qu’il me dise que j’aurai du aller à la poterie. Lui n’aurait certainement pas annulé sa soirée pour moi si j’avais eu le nez en forme de chou-fleur. L’envie de le faire saigner d’avantage me chatouille les mains. Quelque part, un point de suture de plus ou de moins ?!

19h15 : je sors enfin de la pharmacie, avec ma fille sur la hanche, il y avait toute la ville je crois. Ont-ils tous été à la clinique dentaire ?

19h20 : dans la voiture, j’entends un hurlement venant du siège pour enfant, Mini-pirate a oublié sa voiture fétiche à la pharmacie. Arrrhhhhfhhfhfhfhalkfhadofiuldshufail. POURQUOI ?????

19h26 : je livre ma fille à ma sœur et ma mère, c’est comme les familles italiennes, on vient à plusieurs en cas d’urgence. Elles repartent fissa à la pharmacie pour aller chercher Dinoco, la voiture bleue dans Cars 1.

19h34 : je fume une clope devant l’hôpital, car j’en ai besoin. J’ai chaud, mes cheveux partent dans tous les sens, j’ai soif, j’en ai marre, je ne veux pas être à l’hôpital, je suis inquiète, je ne veux pas un mari défiguré à vie, bref, mon égoïsme reprend forme.

19h56 : après avoir frappé à toutes les portes, je trouve ENFIN mon mari, qui n’a toujours pas été admis aux urgences et qui était parti fumer dans le sas extérieur. Saperlipopette, il m’énerve avec ses clopes. Son nez change de forme un peu comme les barbapapas. Le sang coagule, c’est top. J’ai faim.

20h19 : on le prend et on le couche dans un box. On va y arriver. Je sens le but se rapprocher. L’espoir fait vivre. Il y a 4 heures on nous parlait d’opération, de points de suture. Je suis donc un peu tendue face au verdict.

De 20h19 à 22h : on parle de nous, des peurs, de son nez, de nos 4 années de mariage entre les rires et les engueulades. Des enfants, de nos parents. On se rend compte qu’on parle bien plus que si on été allé au resto tous les deux. Lui couché sur ce lit aux urgences, je me sens protectrice. Je ne voudrai jamais le perdre ce mec qui me rend folle par moment. C’est l’homme, c’est lui auquel j’ai dit oui pour faire des enfants et je me rends compte la chance que l’on a de n’être à l’hôpital que pour des broutilles, finalement.

22h : Le médecin entre et le vaccine contre le tetanos, lui colle 8 Steri-strips™ en étoiles sur le nez et nous laisse repartir. Tout ça pour ça. Plus de peur que de mal. Ouf.

On rentre à la maison, épuisés, je lui fais des tartines, le mets au lit et attends qu’il s’endorme pour m’endormir.

Y a pas à dire : ça rapproche, les petits accidents de la vie. Je lui ai offert mon cadeau quand il était déjà au lit, et il a eu l’interdiction formelle de jouer avec. Le bilboquet, ça fait mal parfois sur le nez.

Alors mesdames, j’ai un filon, si vous voulez faire un point constructif sur vos amours. Envoyez votre mec dans une baie vitrée ou écrasez lui un truc sur le nez. Je vois que ça.