dimanche 3 mai 2020

J49




Hier soir, on a eu envie avec L’Homme d’un diner au restaurant en tête à tête.

On a commencé par écumer toutes nos possibilités, on a fini par aller « Chez Nous ». 

Nous avons couché les enfants, et comme le restaurant n’est pas très loin, à un couloir de leur chambre, nous n’avons pas fait venir la baby-sitter.

Je me suis faite très belle: robe du soir, collier, boucle d’oreille, je me suis maquillée… et j’ai vu L’Homme avec son beau pantalon, sa chemise blanche. On était le plus beau couple du resto, moi je vous le dis ! Je n’avais pas mis de talons pour ne pas abimer le parquet. Alors ma robe rendait un peu moins bien avec mes chaussettes en tricot.

Quand nous sommes arrivés, le serveur était habillé comme L’Homme et la serveuse comme moi, bizarre. Nous avons dû les aider un peu en cuisine, mais bon ils étaient débordés.

Nous avons mangé des pâtes avec pesto Barilla. 

Nous étions si heureux de converser… enfin seuls au monde. Nous avons passablement parlé des enfants, du temps, des poules, de mon beau-papa qui ne veut pas que je les installe dans notre chambre, de la reprise de l’école, de Grochâ qui ne dort plus que d’un œil et des vacances à Couvet cet été.

C’était une super soirée. Et pas si chère que ça. Nous sommes rentrés à 21h18. Mini Pirate ne dormait pas. On chantera pas en faisant la vaisselle la prochaine fois.

Phrases du jour :

Il fallait bien finir les 16 bocaux de pesto commandés sur coop@home !   Moi
On pourrait le refaire à midi, un de ces quatre ?  L’Homme
Pourquoi ils jouent au restaurant les parents ? Mini Pirate





samedi 2 mai 2020

J48


           

Je plaide coupable.

C’est moi qui ai décidé de donner un nouveau départ dans notre maison, comme un renouveau… A une semaine de la reprise scolaire et après 7 semaines à sentir des pieds dans cet appartement, la tornade Nina a encore frappé.

J’ai eu envie de changer les habitudes et déplacer les meubles dans la chambre conjugale puis celle de Mini Pirate afin que nous recommencions à nous cogner aux meubles la nuit.
La tâche n’est pas facile pour que tout le monde collabore. Il y en a toujours un qui fait autre chose : pendant que Bébé Stitch déplace la bibliothèque, tu es sûre que L’Homme est en train de jouer au Duplo ! Tu demandes à Mini Pirate de finir de démonter le lit, c’est là que L‘Homme veut un biscuit. Bref, c’est hyper énervant.

Donc je me suis forcément fâchée et j’ai menacé tout le monde du pire, comme reconstruire les solides géométriques en papier pour Mini Pirate, ou demander à L’Homme de plier ses t-shirts par ordre alphabétique et Bébé Stitch d’aller faire l’effort de se changer tout seul, certain y arrive. Non mais.

Après avoir vissé, collé, peint, joué, crié, pleuré, branché, épousseté…. Ben c’est très joli chez nous. Il y a toujours 15269822325 choses de trop, mais le jour où l’on arrivera à épurer, il faudra que L’Homme et Mini Pirate partent en vacances quelques semaines pour que je puisse agir seule. Enfin. Et comme on ne va pas pouvoir quitter le pays avant un certain temps encore, je suis en train de leur vendre la belle région de Couvet pour cet été.


Phrases du jour :

Demain je déménage le poulailler et je le mets dans notre chambre. Ça fera plus nature. Moi
Rroooh..y’a qu’une saison à Black Summer..  L’Homme



vendredi 1 mai 2020

J47


J47

L’Homme : Tu penses quoi de ce déconfinement ?

Nina : Tu as racheté de la lessive ?

L’Homme : Ça me fait vraiment réfléchir. Dé-con-fi-ner… si tu reviens à l’étymologie
du mot « confiner », c’est aller dans les bords, sortir du monde presque. Donc là, ça veut dire que l’on re-rentre dans le monde ?

Nina : J’ai faim.

L’Homme : Je suis ému, de tout ce que l’on a traversé, je suis plein de colère aussi, de fatigue, c’est bizarre toutes ces émotions emmêlées.

Nina (pour elle-même) : Mouais. Je me demande où sont mes ciseaux à ongles.

L’Homme : Tu t’en fiches de mes émotions ?

Nina : Non.

L’Homme : Alors pourquoi tu dis rien ? Pourquoi tu ne pars pas direct dans tes analyses psycho-affectives de nos émotions ?

Nina : Ch’sais pas.

L’Homme : Ça va ? Tu es sûre ?

Nina (sanglots dans la voix) : Noooooooooooooooooooooooon, j’ai peur de rester dedans, de rester dehors, que tu sois plus là à 14 cm de moi, que tu partes travailler, qu’on meurt, que les enfants soient malheureux, Fille Aînée me manque, de vaquer sans penser à se laver les mains… comment ils vont gérer ça dans les écoles ? Et la terre ? Qui va s’en soucier quand on va tous recommencer à se plaindre des bouchons et du prix des crèmes solaires ? On va où ? Pourquoi ? Allons vivre dans la forêt, siteplai, siteplai, siteplai… Je me ferais des habits en feuilles de chêne et des chapeaux avec des pives et aussi des boucles d’oreilles avec des glands pour rester coquette. On sera tout le temps dans la terre et mon meilleur ami ce sera un loup…et il s’entendra super bien avec Roussette, qui sera avec nous évidemment… siteplaaaaiiiiii…. Je veux plus vivre tout ça, tout ce stress, je veux créer, tout le temps en mâchant des bourgeons de sapin. J’ai peur que nos parents meurent, j’ai envie de donner la main à tout le monde en même temps, je me sens responsable de tout, je vais recommencer une psy avec un renard à même son terrier et je serai fan d’un blaireau.

L’Homme : Mouais.

Phrase du jour :

Ben quoi ? Il m’a demandé si ça allait… Moi
Ooooh il est chou ce blaireau… Mini Pirate